Harun Farocki, Duisburg, trente ans après, in: Trafic
Nr. 61, Paris, printemps 2007 pp. 66-70


J'étais déjà à Duisburg en 1974, le festival ne s'appelait pas encore la Duisburger Filmwoche, on y projetait des films de fiction issus du cercle du Filmverlag der Autoren. Je fis la connaissance d'une bande de passionnés qui tous les quatre matins montaient en Hollande ou descendaient à Francfort pour voir en salle un film de Hitchcock ou de Ford. Nous étions d'accord pour trouver qu'on nous présentait ici des choses déplorables. À lépoque, il n'y avait pas encore un festival dans chaque ville, et après le Kaspar Hauser de Herzog, nous nous demandames: "Pourquoi Duisburg", et après Karl May de Syberberg, nous appelames la ville Düsterburg, "Sombrebourg".